Tabac et grossesse

Femmes et tabagisme

Selon le baromètre sur le tabac 17,8% des femmes enceintes fument toujours au troisième trimestre de leur grossesse. Parallèlement, le tabagisme régulier recule.

C’est l’un des chiffres préoccupants du baromètre sur le tabac présenté par la ministre de la Santé Marisol Touraine. Près de 20% des femmes enceintes continuent à fumer tout au long de leur grossesse. Plus précisément, elles sont 17,8% à toujours fumer au 3e trimestre de leur grossesse.

« La France est le pays en Europe où les femmes enceintes fument le plus », a souligné la ministre lors d’une conférence de presse. C’est pourquoi un pictogramme « femmes enceintes » va faire son apparition sur les paquets de cigarettes, afin de « sensibiliser les femmes aux dangers du tabac pendant leur grossesse ».

Le tabagisme modifie le taux d’hormones sexuelles féminines, perturbe le cycle menstruel et diminue la fertilité. Des complications veineuses (thromboses) sont plus fréquentes lors de tabagisme, surtout en association avec une contraception orale.

Arrêter de fumer permet ainsi de conserver une meilleure forme, une plus belle peau et de diminuer les risques pour la santé.

Impacts du tabac sur la grossesse

Fumer augmente non seulement le risque de grossesse extra-utérine (le tabac est le deuxième facteur de risque), mais aussi, à n’importe quel stade de la grossesse, le risque de saignements ou encore de fausses couches  ou d’accouchements prématurés (surtout le 3ème trimestre).

Les substances contenues dans la fumée du tabac (entre 4000 et 6000) sont également ingérées par le fœtus. Les hydrocarbures ou encore les métaux lourds ont une toxicité directe sur les tissus fœtaux et placentaires et peuvent altérer le matériel génétique.

Le fœtus ressent très fortement le manque d’oxygène dû à l’absorption du monoxyde de carbone (CO). Celui-ci prend la place de l’oxygène dans le sang. Le taux de CO du fœtus est deux fois plus grand que celui de la mère[1].

Durant la grossesse, il est également important de veiller à se préserver des risques liés au tabagisme passif (retard de croissante, prématurité). Chacune peut demander à son conjoint et à son entourage d’éviter de fumer en sa présence.

À côté de ces risques, il est également bien d’être conscient des bénéfices personnels concrets. Un arrêt du tabac permet :

  • D’être moins fatigué pendant sa grossesse
  • D’avoir moins de peine à souffler, surtout pendant le 3ème trimestre
  • D’être moins réveillée par la toux
  • De présenter moins de risques de thrombo-emboliques
  • D’être moins stressée après les 6 semaines d’arrêt,
  • D’être moins stressée pendant l’accouchement et l’hospitalisation

Impacts du tabac sur l’enfant

Fumer augmente les risques de nombreuses complications chez l’enfant :

  • Retard de croissance intra-utérin. Ce risque diminue en cas d’arrêt du tabac pendant la grossess
  • Prématurité
  • Trop faible poids de naissance
  • Risque augmenté de maladies des voies respiratoires à court et moyen terme : bronchite et asthme
  • Impact cardio-vasculaire
  • Risque accru de mort subite du nourrisson
  • Risque de malformations (labio-palatines, des doigts)

L’allaitement est cependant recommandé même si l’on est fumeuse. Il est alors recommandé de fumer après l’allaitement, se laver les mains et si possible changer d’habits.

Et après ?

L’arrêt du tabac avant ou pendant la grossesse permet de préserver une meilleure santé pour soi et son bébé. Il sera alors important de maintenir cet arrêt après l’accouchement et de continuer à solliciter de l’aide si nécessaire.

La femme devrait ainsi pouvoir s’approprier cette démarche, le faire pour sa santé. Cela permet de diminuer la fatigue, rend l’allaitement plus facile et améliore la cicatrisation  de la peau. C’est aussi une liberté que l’on s’accorde, de ne plus être dépendant de sa cigarette. L’état de santé est meilleur et l’argent économisé peut être réinvesti.

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